Billets d’humeur

Le porte-clés du comportement !

Si vous ne connaissez pas cet outil, Petit Bonheur vous propose de découvrir le porte-clés du comportement !

Parce que nous n’avons pas forcément la possibilité de se déplacer avec un tableau de comportement, plutôt encombrant, cet outil est très utile!

Pour l’avoir testé, nous pouvons vous dire que les pictogrammes sont de bonnes qualités solides et imperméables. Ils font 7cm X 7cm, et sont donc un peu plus grands que ceux utilisés dans la méthode PECS (4X4cm). En tout, il y a 20 pictogrammes plutôt « généraux ».

 Les images sont facilement compréhensibles pour la grande majorité des pictogrammes proposés.

En plus de cela, ils ne prennent pas de place donc Il est possible de les ranger facilement dans un sac à mains.

Petit bémol:  Il n’est pas possible de rajouter ses propres pictogrammes…

Pour le commander, cliquez sur l’image en bas 👇🏽 et n’hésitez pas à nous donner des nouvelles.

Vague d’émotion sur l’Autismosphère: Une maman se suicide à Thiais…

Il y a quelques heures, nous avons pris connaissance de CET ARTICLE dans Le Parisien: nous apprenions qu’une maman de deux enfants autistes s’était donné la mort en sautant du 8ème étage de son immeuble.

Pourquoi ce drame nous émeut-il autant?

Nous, parents d’enfants autistes, avons l’impression que depuis 2012, année durant laquelle l’autisme a été élu « Grande Cause Nationale », trop peu de choses ont changé. Certes, il y a eu des efforts, bien que faibles, de scolarisation (avec la création d’Unités d’Enseignement) et des campagnes d’information et de sensibilisation diverses, mais entre temps, plusieurs personnes autistes ont été zappées par les changements proposés:  Pas grand chose pour les enfants de plus de 6 ans, un désert pour les adolescents, et des adultes avec autisme complètement oubliés… Autrement dit, des familles livrées à elles-mêmes, ou alors avec des « solutions » absolument inadaptées à leurs enfants et souvent imposées aux familles.

Quelle était la situation de cette maman?

Certains diront « Pourtant, les enfants étaient suivis dans un Centre Médico Psychologique! » mais la majorité des parents d’enfants autistes vous diront « JUSTEMENT… ils n’étaient pas pris en charge correctement »…

Malheureusement, il y a peu de temps avant ce drame, cette maman avait exposé sa situation dans un groupe de discussion pour parents d’enfants en situation de handicap, sur les Réseaux sociaux et avait  demandé de l’aide. La mère de famille, comme beaucoup de parents dans cette situation, une pression énorme de la part de ces centres « spécialistes » qui la menaçaient d’un placement d’enfants si elle quittait leurs locaux pour une autre prise en charge…

Cette affaire nous rappelle avec autant d’émotion la situation de Rachel, maman de 3 enfants autistes, placés il y a plus d’un an maintenant car des professionnels d’un hôpital (suivis de toute un délégation) l’avaient accusée de rendre ses enfants autistes.

Nous connaissons Estelle AST pour la création de l’application WATCHELP (pour laquelle nous avons d’ailleurs équipés les enfants de notre association en montre connectées!), et sa vidéo publiée il y a encore quelques minutes est particulièrement émouvante.

Non, nous ne sommes personne pour juger. Mais combien de drames de ce genre faudra-t-il avant que tout cela ne bouge?

Il y a encore quelques semaines, c’était des infanticides de parents d’enfants autistes, qui étaient relatés par les journaux. Suscitant, là encore, beaucoup d’émotions.


Pour soutenir cette famille, une cagnotte a été mise en place. Vous pouvez y contribuer ICI.

10 choses qui font que mon autisme me rend différente

Article du blog autisticspeaks traduit en français par Petit Bonheur.

Lydia est une adulte avec autisme (TSA). Depuis plusieurs années, elle sensibilise les non autistes et les parents en quête de réponses, à l’autisme avec son Blog AutisticSpeaks et sur les réseaux sociaux. 


1. Je suis capable de me rappeler des conversations qui remontent à mes deux ans et d’un numéro de téléphone que je n’ai pas composé depuis deux ans. Mais à côté de ça, j’ai besoin d’une assistance directe au supermarché et en traversant la rue. Autant les deux premiers exemples sont  impossibles pour une personne non autiste, autant les deux autres sont ridicules pour la plupart des personnes « normales ».

2. Ce n’est pas parce que j’arrive à m’exprimer à l’écrit que je trouve les mots à l’oral. Et quand je parle vraiment de mes difficulté à l’oral, c’est rarement facile. Parfois, je peux expliquer mes bizarreries, et parfois j’ai besoin d’un clavier pour le faire.

3. Je ne supporte pas être interrompue ou surprise par un bruit trop fort, surtout en public. Cela me demande encore plus de concentration sur mes réactions pendant mes interactions. Dans ces cas là, il m’arrive souvent d’échouer.

4. Lorsque je pose trop de questions, ou que je réponds « je ne comprends pas », cela signifie que je suis en difficulté. Dans ces cas là, s’il vous plait, ne me faites pas me sentir ridicule. Car je ne me moque jamais des gens qui se trompent sur une date ou oublient un rendez-vous, ni de ceux qui font des fautes d’orthographe, même si pour moi l’orthographe est quelque chose de facile.

5. Ce qui peut être légèrement importun à vous, comme la ceinture sur un pantalon, peut littéralement ruiner ma journée: une information sensorielle occupe chaque partie de mon cerveau et de mon organisme jusqu’à ce que le problème soit résolu. Et il n’est pas toujours facile pour moi d’expliquer ce qui me dérange.

6. J’essaie de traiter les autres comme j’aimerais que l’on me traite. Le problème est que je suis souvent maladroite dans mes démonstrations d’amitié ou d’affection.

7. Je suis extrêmement hypersensible. Le monde extérieur est presque toujours « trop » pour moi, donc je dois réguler mon corps par exemple à chaque passage d’une voiture, aux signaux sonores, aux aboiements d’un chien, aux sirènes et tellement plus. C’est aussi très dur pour moi de me rappeler que je peux demander une pause. Et parfois je m’éloigne, retire mon téléphone pour taper ou regarder mes images ou mes vidéos de chat préférées. Je peux aussi disparaître momentanément à la salle de bains, par exemple (s’il n’y a pas de sèche linge en route!). Ça peux sembler grossier de faire cela, mais je ne suis pas mal élevée. Je fais ce que je dois faire pour pouvoir être parmi vous, c’est tout.

8. Je ne suis ni un enfant avec un vocabulaire précoce, ni une adulte qui refuse de grandir. Je ne pourrai jamais rentrer dans les « cases » dans lesquelles on range les gens et qui sont construites pour la société neurotypique: je les casserai chaque fois. Apprenez à me connaitre et vous repenserez à ces préjugés.

9. Je ne me fais pas passer pour « normale », être rare me convient très bien. Je suis plus distante avec les gens qu’avec mon chat. Un simple clavier me rapproche plus facilement d’un ami cher qu’un déjeuner en tête à tête.

10. Je suis différente, mais ça ne fait pas de moi une petite chose faible. Parfois, mes besoins particuliers font penser que je ne suis pas capable, mais c’est tout simplement parce que je ne fonctionne pas comme les autres et je suis facilement distraite par un tas de pensées et de stimulis.

Tout le monde a ses forces et ses faiblesses. J’ai beaucoup de chances d’être entourée par mes proches qui me soutiennent et m’aident à réussir. Alors voilà mon cadeau: celui d’aider les familles à comprendre des enfants comme l’enfant que j’étais. Ainsi, je l’espère, ils pourront avoir une vie la plus confortable possible.

Autisme: récit d’une grand-mère.

Aujourd’hui, c’est la fête des grands-mères. Et pour l’occasion, Petit Bonheur a décidé de donner la parole à Monique, mamie d’un petit Ethan de 6 ans.

Les grands parents ne savent pas toujours quelle posture adopter face à l’autisme de d’un leurs petits-enfants. Aider ou ne pas déranger? Certains d’entre eux sombrent même dans le déni (sujet évoqué notamment l’an dernier).

Monique nous explique toutes les phases par lesquelles elle est passé à l’annonce de l’autisme d’Ethan, et le rôle qu’elle a décidé aujourd’hui de jouer auprès de son petit fils.


Au départ c’est simple: je n’y croyais pas

 Ethan est mon premier petit-enfant, et même si j’avais remarqué quelques unes de ses difficultés (notamment le fait qu’il ne répondait pas à son prénom), je mettais cela sur le compte d’un manque d’attention de sa part.

J’avoue aussi avoir beaucoup critiqué les manières de faire de ma belle-fille, et la manière dont Ethan était éduqué. Pour moi, cela justifiait tout.

Ensuite j’ai fini par chercher un coupable à cette situation. S’il était vraiment autiste, ça venait forcément de l’autre côté de la famille, et certainement pas de la mienne. Et comme il n’y avait pas d’autistes dans nos familles, Ethan n’était donc pas autiste.

« Maman c’est ta dernière chance »

Progressivement, les repas de famille se faisaient de plus en plus rares, et lorsqu’ils se faisaient, une certaine tension y régnait. Nous évitions tous les sujets qui fâchent, et l’autisme en faisait partie. Puis un soir de Noël, mon fils et ma belle-fille m’ont offert un cadeau: il s’agissait du livre de Anne Idoux-Thivet, Écouter l’autisme. J’ai d’abord penser à un affront de leur part. Puis mon fils m’a mise en garde « Maman c’est ta dernière chance. Si après ça tu n’as toujours pas compris, nous ne remettrons plus jamais les pieds ici. »  Ils m’ont ensuite donné 3 semaines pour lire l’ouvrage, suite auxquelles ils reviendraient « tâter le terrain ».

Au fur et à mesure de ma lecture, j’ai compris pourquoi ils avaient choisi de m’offrir ce livre: le déni des beaux-parents de la narratrice sur l’autisme de son fils, était l’une des principales raison pour lesquelles ils n’arrivaient pas à avancer sereinement.

« À l’heure où j’écris ces lignes, plus d’un an et demi plus tard, le déni de mes beaux-parents est toujours là. Nous avons perdu un temps considérable et une énergie folle à essayer de leur démontrer que nous n’avions pas inventé notre malheur. »

Je ne voulais pas être « ce genre de personnes »

Cela allait faire 1 an que mon fils m’avait annoncé l’autisme d’Ethan, et j’en étais au même point que ces personnes dont parlait la narratrice… Je ne voulais pas être « ce genre de personnes » bornées et imbuvables, incapable de se remettre en question… Alors à l’issue de mes trois semaines de lecture, dès que mon fils et sa petite famille ont posé les pieds hors de leur voiture, j’ai couru dans les bras de ma belle-fille pour lui demander pardon. J’ai littéralement éclaté en sanglots dans ses bras et j’ai du lui dire « pardon » au moins 15 fois avant que mon fils ne me prenne à son tour dans ses bras.

Nous avons discuté de longues heures durant, et j’ai pris conscience que j’avais été un vrai fardeau dans la vie de mon fils pendant tous ces mois, alors que lui et sa femme s’acharnaient, eux, à digérer la nouvelle du diagnostic et à mettre des choses en place pour aider Ethan.

Aujourd’hui, j’ai complètement accepté la particularité de mon petit-fils. Très vite, j’ai commencé à accompagner Ethan à quelques unes de ses prises en charge. Et je trouve extrêmement enrichissant de le voir progresser et de me dire que j’y suis, en quelques sortes, pour quelque chose.

SI j’avais un conseil à donner aux grands-parents qui se retrouvent dans cette situation, ce serait de ne jamais remettre en questions les capacités de votre enfant et de votre belle-fille (ou beau-fils) à être de bons parents! Vous avez le droit d’être en colère et d’ne vouloir à la Terre entière mais ne faites surtout pas ça, j’ai faillis briser ma famille à cause de cela… Lorsque ma belle-fille m’a raconté en détail toutes les réflexions culpabilisantes qu’elle subissait au quotidien (parfois même de la part de certains professionnels!), j’ai compris que j’avais adopté la mauvaise posture dès le départ, celle des inconnus, alors que j’aurais du adopter la posture familiale.

FRATRIES: L’amour au-delà de l’autisme (TEMOIGNAGE)

Dernièrement, Petit Bonheur organisait un café rencontre sur les fratries concernées par l’autisme. Durant cet échange, le témoignage de Sylvie, la maman de Coralie, a suscité beaucoup d’émotions.


Je suis Sylvie, la maman de Coralie âgée de 9 ans, qui est déficiente intellectuelle et présente des troubles du spectre autistique. Après une scolarité difficile en maternelle, elle est entrée en I.M.E.
A son entrée en I.M.E., Coralie était non verbale. Maintenant c’est une petite fille qui parle. Malgré ses difficultés, elle arrive à se faire comprendre et à laissé tomber les gémissements.
Coralie a un grand frère de 20 ans, Valentin, et une grande sœur de 18 ans, Florine. Et la différence de Coralie n’a pas été vécue de la même façon chez l’un et l’autre.
Lorsque Coralie était bébé, Valentin lui faisait des câlins. Mais pour lui, c’était encore une petite sœur ! Alors il avait tendance à préférer ses jeux, ses copains, et le foot. Plus tard, il s’est éloigné d’elle. Le fait qu’elle ne comprenait pas, qu’elle n’arrivait pas à faire certaines choses, les cris et les crises qui arrivaient souvent, avaient tendance à l’énerver. Lui qui n’aime pas les situations de conflits partait s’isoler dans sa chambre. Et lorsqu’il n’y avait pas école, il partait chez un copain.

J’avais l’impression que mon fils n’aimait pas sa petite sœur.

C’était une situation très éprouvante pour moi, alors j’ai décidé de l’emmener consulter un pédopsychiatre. Après quelques séances chez la pédopsychiatre, il y a eu des améliorations. De plus, maintenant que Coralie est verbale, cela se passe mieux entre eux. Il y a même des moments de complicité et de jeux entre eux. Et lorsque j’entends son frère lui dire « Tu me fais un bisou ? » et que Coralie court le lui faire, je me dis que c’est une bataille de gagnée pour nous.
Et même si on sait qu’il serait compliqué pour Valentin de garder sa petite sœur de 9 ans ne serait-ce qu’une heure, on ne désespère pas.
Pour Florine, cela a toujours été différent. Elle a toujours été très proche de sa sœur. Hé oui ! Une poupée vivante c’est attirant ! Elle a toujours été présente, l’a toujours aidée avec ses difficultés, et elle venait même avec moi au C.A.M.P.S., et aux différents rendez-vous pour le suivi de sa petite sœur. Pour elle, sa petite sœur : c’est sacré !
A l’annonce du handicap, Florine s’est posé beaucoup de questions, mais n’a jamais changé d’attitude envers sa sœur. Au contraire, il a même fallut que l’on mette certaines limites car dans sa surprotection de grande sœur, elle avait tendance, sans le vouloir, à prendre ma place, au détriment de sa vie d’enfant et d’adolescente. Cela lui a aussi valu des séances en pédopsychiatrie pour qu’elle retrouve un équilibre personnel.
Aujourd’hui, le lien entre elles est toujours très fort. Elles sont fusionnelles. Mais Florine a également compris qu’il fallait qu’elle vive sa propre vie et qu’elle s’ouvre aux autres, comme n’importe quelle jeune fille de son âge.
Nous passons de meilleurs moments en famille lorsque nous sommes tous réunis. Tout ce beau monde grandi et devient indépendant !

J’espère aider d’autres familles avec mon témoignage. Car j’aimerais dire que tout combat se bat. Même avec des difficultés, on y arrive toujours. Alors courage !

Pour faire suite à ce magnifique témoignage, Petit Bonheur vous propose l’ouvrage de Sophie Leclercq « Mon frère, cet étranger, Face à l’autisme profond », Coll. Au-delà du Témoignage, ©Editions L’Harmattan, 2013.

Quand l’ignorance mène au mépris…

Aujourd’hui, nous avons découvert le témoignage d’une femme nommée « La maman de Louis ». 

Louis, 5 ans et autiste, s’est vu faire l’objet du rejet de la part d’une autre famille, qui demandait son renvoie de l’école. Le motif? Son autisme.

À la fois émouvant et plein d’espoir, ce témoignage pointe tout de même une grosse problématique liée au handicap: l’ignorance… 


Louis, 5 ans, autiste: La triste réalité… mais on continue le combat!

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A toi, la maman du copain de Louis. Je me permets de te tutoyer, tu t’es permise de demander le renvoi de l’école de mon fils autiste. Pourquoi? Ils sont dans la même classe, ils sont copains et visiblement ça te dérange!

Et par conséquent, la seule solution que tu as trouvée, c’est de demander à ce que le mien quitte l’école. Pour quelles raisons?

Tu dis à la directrice que tu ne veux pas que ton fils ait de mauvaises habitudes. Que ce n’est pas normal d’avoir des « handicapés », des « autistes » dans la classe de ton fils. Quelles sont ces habitudes? Qu’est-ce que la normalité? Sais-tu seulement ce qu’est l’autisme?

Cependant, une fois que la colère que j’ai pu ressentir est passée, j’aurais pu tout bonnement t’insulter en moi-même et t’oublier, simplement je ne suis pas du genre à m’abaisser à un tel niveau. J’ai donc décidé d’essayer de comprendre ton comportement, pourquoi une maman peut-elle envisager de mettre en marge du système un autre enfant pour sa différence.

J’ai essayé de me mettre à ta place et il est possible qu’au fond de moi je te comprenne: tu veux protéger ton fils, comme chaque maman le fait, et comme je le fais moi-même. Mais le protéger de quoi? De quoi as-tu eu peur?

Je peux donc comprendre oui, mais je n’accepte pas. Et ce que je n’accepte pas, c’est l’ignorance… Ton ignorance.

Nous sommes en 2015, tu as les moyens d’inscrire ton fils dans cette école qui, disons-le, est dans la fourchette haute des écoles privées de Marrakech. J’imagine par conséquent que tu as aussi les moyens d’avoir un smartphone ou une connexion.

T’es-tu renseignée sur internet sur ce que veut dire le mot « AUTISTE »?

Encore une fois je peux comprendre, on peut lire tout et n’importe quoi sur Internet surtout si l’on se cantonne aux forums de discussion. D’autant que l’autisme a plusieurs formes, de la plus légère dont souffre Louis, à la plus lourde pour les autistes sévères.

As-tu consulté les sites spécialisés? Et si la recherche sur internet ne t’es pas familière, as-tu demandé à la directrice comment se passaient les journées de Louis? De quelle pathologie exacte il souffrait? Quels sont les programmes que la directrice a mis en place pour justement s’assurer que tous les élèves suivent correctement? De l’AVS (auxiliaire de vie scolaire) dédiée à Louis qui lui permet de suivre en classe sans empêcher le tien d’apprendre?

Visiblement non, la directrice a essayé de t’expliquer, pourquoi ne l’as-tu pas écoutée? Sûrement encore cette ignorance… Pourquoi n’as tu pas demandé de me rencontrer ou à voir Louis pour te rendre compte par toi-même?

Je me serais alors justifiée comme à mon habitude de tout ce que je fais pour que Louis progresse, de tous les professionnels qui l’entourent, et je t’aurais rassurée sur le fait que ça n’empêche en rien ton enfant de grandir normalement, mais tu ne m’en a pas laissé l’occasion.

Alors je t’apporte la réponse: NON, l’autisme n’est pas contagieux, NON, les comportements non plus ne le sont pas dans ce sens. Et comme je te le disais, maintenant que la colère est passée, je suis triste car Louis a perdu un copain de classe.

Car oui à cet âge-là, tu sais, il n’y a pas de noir, de blanc, d’arabe, de juif, de musulman, de catholique, d’autiste ou d’handicapé, il n’y a QUE des copains. Tu as privé ton fils de TOUS les siens. Et qu’en sera-t-il plus tard? Tu choisiras les copains qui viendront à son anniversaire? Tu le feras renoncer aussi à son mariage car il n’a pas choisi la belle fille dont tu rêvais? Tu vas continuer à l’élever dans la peur de l’autre… « Attention chéri, ne parle pas à celui-là, il est handicapé, change de trottoir… »

Ce que je souhaite vraiment, c’est que ton fils se souvienne toujours du mien, comme le copain gentil qui ne parle pas beaucoup mais s’exprime à sa façon. Ce copain un peu bizarre qui aime faire rire tout le monde en faisant le clown. Ce copain qui a une intelligence différente (mais pas en dessous de la tienne). Ce petit garçon qui a une mémoire exceptionnelle lui permettant d’enregistrer n’importe quel mot de passe, mon compte iTunes en ayant fait plusieurs fois les frais, pour s’acheter des applications ou choisir des programmes sur son iPad.

Car oui mon fils, à 5 ans, sait se servir d’internet, il aurait pu te montrer comment faire des recherches. Tu n’as vu que le côté négatif et erroné… et le côté positif? Pouvoir élever ton enfant dans le respect des différences, dans l’acceptation et la compréhension? Ne crois-tu pas que ces valeurs sont aussi importantes pour construire un monde meilleur?

Je te plains, tu vas devoir expliquer à ton fils pourquoi il change d’école, au vu de ce que j’ai compris tu vas sûrement lui dire que c’est de la faute de Louis. J’espère que ton fils aura l’intelligence de comprendre que non, c’est uniquement la faute de ton ignorance et pas la faute de son copain.

Et pour finir, je tiens à te dire merci, tu as été la première dans notre vie à nous mettre à mal dans la scolarité de Louis, tu ne seras sûrement pas la dernière. Et comme je le dis toujours, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Au moins la prochaine fois je saurais répondre, agir et même anticiper.

Mais pour te consoler, nous ne sommes pas tirés d’affaire pour autant. Heureusement, cette fois nous avons eu de la chance: la directrice est compétente et nous a soutenus. Je me demande ce qu’il en sera plus tard dans un autre établissement quand d’autres ignorants comme toi feront la même demande…

Bonne continuation pour l’avenir et merci.

La Maman de Louis.


Article tiré du AL-HUFFIGTON POST MAGREB-MAROC