Autisme et soins (Compte Rendu Part.2)

Dans le premier volet de ce compte rendu, nous avons essentiellement parlé des soins médicaux. Ce second volet sera consacré aux soins domestiques: la coupe des ongles et des cheveux!

Nous nous souvenons tous de cette photo qui a fait le tour de la toile et des réseaux sociaux. James Williams, ce coiffeur anglais, avait redoublé de prouesses pour pouvoir coiffer un petit garçon autiste.

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Les photos postées par le coiffeur sur sa page Facebook ont été vues plus de 2 millions de fois en quelques heures. James Williams sur Facebook.

Si pour certains parents présents il n’y avait aucune difficultés particulières à la coupe des cheveux et des ongles (en y glissant parfois une petite tablette numérique en guise de diversion), là, encore une fois, la majorité des familles ont expliquées leurs difficultés a effectuer cette tache, presque devenue une corvée.

Au fur et à mesure de nos échanges, 5 bonnes raisons de paniquer à la coupe des ongles et des cheveux de nos enfants ont été relevées.

1. Le besoin de stabilité face à l’image que nos enfants se représentent de leur propre corps. Il est difficile pour un enfant qui n’est pas très à l’aise avec son corps de concevoir d’en perdre un bout! Une maman l’a d’ailleurs expliqué lors de notre échange:

« Mon fils verbalise. Et lorsqu’il a commencé à perdre sa première dent, il ne comprenait pas pourquoi elle bougeait. J’avais beau lui expliquer qu’une autre dent plus forte allait repousser derrière, il me répétait pendant des jours « Mais c’est MA dent! pourquoi elle part? Elle est à MOI! » Il se mettait dans des états pas possibles…

2. Un inconfort particulier par rapport aux sensations tactiles et auditives qui accompagnent cette tâche. Par exemple, pour le petit A. qui verbalise ses sentiments, lorsqu’on lui demande pourquoi il ne veut pas qu’on lui coupe les cheveux, il répond « Ça vibre dans ma tête. »

3. Une incompréhension de l’intérêt de cette activité. Alexandre, notre parrain, nous a clairement expliqué son point de vue à ce propos:

« Pour moi, les cheveux et les ongles sont fonctionnels. Je n’y voit donc pas d’intérêts à les couper. J’attends toujours que mes cheveux m’arrivent aux yeux pour aller me les faire couper chez ma coiffeuse habituelle, toujours la même. Pour les ongles, je me les ronge très très court depuis tout jeune. »

4. Le manque de familiarité de l’enfant avec l’outil (ciseau, ou coupe ongle), qu’on va utiliser.

5. L’absence de routine pour cette activité car elle n’est pas assez fréquente. Difficile donc pour nos enfants de la prévoir et d’anticiper son déroulement et sa durée.

Des solutions concernant la coupe des cheveux:

Certains parents ont décidé de faire appel à un coiffeur à domicile. De cette manière, l’enfant reste dans son environnement habituel et cela permet à l’enfant d’être un peu plus serein.

D’autres parents permettent à leur enfant de choisir l’endroit qu’il jugera moins stressant. Une maman expliquait d’ailleurs que son fils choisissait parfois qu’on lui coupe les cheveux dans les WC, lui assis dessus. Un lieu plus confiné qui met certainement le petit garçon plus en confiance.

Pour d’autres enfants, rien n’y fait! La seule solution reste d’anticiper au maximum, et du mieux que l’on peut, la coupe des cheveux. Dans ces cas là, nous serions tenté de dire qu’il faut préparer l’enfant de la même manière qu’on le préparerait à aller voir le docteur!

Sur le site d’AGIR POUR L’AUTISME, on nous propose un bon exemple de supports visuels, (pour les enfants qui y sont sensibles).

Ensuite pour la familiarisation avec l’outil, pourquoi ne pas permettre à l’enfant de s’exercer sur une tête à coiffer? En prenant un peigne fin et des ciseaux (en plastiques et à bouts ronds!), l’enfant pourrait être tout d’abord guidé dans ses gestes et y couper quelques petites mèches.

Concernant la coupe des ongles:

Pour permettre à l’enfant de se familiariser avec le coupe ongle et son bruit sec, une maman à expliqué qu’elle se coupait souvent les ongles devant son fils. Si au départ il paniquait à la place de sa maman, progressivement il s’est mis à observer de plus en plus près. À ce moment là, il était totalement familiarisé au « clic » du coupe ongle.

Mais pas encore avec l’objet en lui-même.

Pour se familiariser avec l’objet, c’est une de nos correspondante, ergothérapeute, qui a proposé une solution dans un de ses mails.

 » Pour mon petit patient autiste, nous avons passées quelques séances à simuler la coupe des ongles. Je m’explique: j’ai posées ses mains sur une feuille blanche et y est dessinés les contours. Après avoir découpé les deux mains en papier, j’y ai dessiné des ongles et à l’aide d’un coupe ongle, je coupais ses ongles en papier. Progressivement, au fur et à mesure des séances, c’est lui qui se coupait les ongles (en papier) avec le coupe ongle. »

Notre amie rajoutera d’ailleurs à la fin de son mail, que si l’enfant ne supporte toujours pas le coupe ongle, alors  des ciseaux pour ongles (comme ceux que l’on utilise pour les ongles des bébés), feront très bien l’affaire.

Le but principal de ces petites mains en papier, est que l’enfant comprenne qu’elles représentent ses mains à lui. D’où l’importance de dessiner le contour de ses mains à lui.


picto ongles


Si vous avez d’autres « bons tuyaux » à partager, n’hésitez pas à commenter ici! Nous serions ravis de continuer la discussions!

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