FRATRIES: L’amour au-delà de l’autisme (TEMOIGNAGE)

Dernièrement, Petit Bonheur organisait un café rencontre sur les fratries concernées par l’autisme. Durant cet échange, le témoignage de Sylvie, la maman de Coralie, a suscité beaucoup d’émotions.


Je suis Sylvie, la maman de Coralie âgée de 9 ans, qui est déficiente intellectuelle et présente des troubles du spectre autistique. Après une scolarité difficile en maternelle, elle est entrée en I.M.E.
A son entrée en I.M.E., Coralie était non verbale. Maintenant c’est une petite fille qui parle. Malgré ses difficultés, elle arrive à se faire comprendre et à laissé tomber les gémissements.
Coralie a un grand frère de 20 ans, Valentin, et une grande sœur de 18 ans, Florine. Et la différence de Coralie n’a pas été vécue de la même façon chez l’un et l’autre.
Lorsque Coralie était bébé, Valentin lui faisait des câlins. Mais pour lui, c’était encore une petite sœur ! Alors il avait tendance à préférer ses jeux, ses copains, et le foot. Plus tard, il s’est éloigné d’elle. Le fait qu’elle ne comprenait pas, qu’elle n’arrivait pas à faire certaines choses, les cris et les crises qui arrivaient souvent, avaient tendance à l’énerver. Lui qui n’aime pas les situations de conflits partait s’isoler dans sa chambre. Et lorsqu’il n’y avait pas école, il partait chez un copain.

J’avais l’impression que mon fils n’aimait pas sa petite sœur.

C’était une situation très éprouvante pour moi, alors j’ai décidé de l’emmener consulter un pédopsychiatre. Après quelques séances chez la pédopsychiatre, il y a eu des améliorations. De plus, maintenant que Coralie est verbale, cela se passe mieux entre eux. Il y a même des moments de complicité et de jeux entre eux. Et lorsque j’entends son frère lui dire « Tu me fais un bisou ? » et que Coralie court le lui faire, je me dis que c’est une bataille de gagnée pour nous.
Et même si on sait qu’il serait compliqué pour Valentin de garder sa petite sœur de 9 ans ne serait-ce qu’une heure, on ne désespère pas.
Pour Florine, cela a toujours été différent. Elle a toujours été très proche de sa sœur. Hé oui ! Une poupée vivante c’est attirant ! Elle a toujours été présente, l’a toujours aidée avec ses difficultés, et elle venait même avec moi au C.A.M.P.S., et aux différents rendez-vous pour le suivi de sa petite sœur. Pour elle, sa petite sœur : c’est sacré !
A l’annonce du handicap, Florine s’est posé beaucoup de questions, mais n’a jamais changé d’attitude envers sa sœur. Au contraire, il a même fallut que l’on mette certaines limites car dans sa surprotection de grande sœur, elle avait tendance, sans le vouloir, à prendre ma place, au détriment de sa vie d’enfant et d’adolescente. Cela lui a aussi valu des séances en pédopsychiatrie pour qu’elle retrouve un équilibre personnel.
Aujourd’hui, le lien entre elles est toujours très fort. Elles sont fusionnelles. Mais Florine a également compris qu’il fallait qu’elle vive sa propre vie et qu’elle s’ouvre aux autres, comme n’importe quelle jeune fille de son âge.
Nous passons de meilleurs moments en famille lorsque nous sommes tous réunis. Tout ce beau monde grandi et devient indépendant !

J’espère aider d’autres familles avec mon témoignage. Car j’aimerais dire que tout combat se bat. Même avec des difficultés, on y arrive toujours. Alors courage !

Pour faire suite à ce magnifique témoignage, Petit Bonheur vous propose l’ouvrage de Sophie Leclercq « Mon frère, cet étranger, Face à l’autisme profond », Coll. Au-delà du Témoignage, ©Editions L’Harmattan, 2013.

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